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Female Yakuza Tale

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les avis de Cinemasie

3 critiques: 3.25/5

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12 critiques: 3.21/5

visiteurnote
shaman 2.75
Sauzer 3.25
Pikul 1.5
Mounir 3.5
Miyuki 3.25
k-chan 3.75
eniger 3.25
Cuneyt Arkin 4
Bastian Meiresonne 4
Bama Dillert 1.5
2501 4.5
- 3.25


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Un film d'esthète (si si si!)

Ishii ne fait qu'accumuler les bons points dans cet opus: décontraction, absence totale de complexes, second degré, inventivité formelle,... autant d'éléments qui font de FYT un film d'exploitation dans le sens noble du terme (ce qui sonne un peu comme un paradoxe mais c'est voulu, c'est pour me donner un genre). Alerte, vif, servi par une casting qui a l'air de bien s'amuser, le film est un très agréable moment de jouissance sans arrière-pensée. Après tout, que demande le peuple si ce n'est de l'action, de la fesse, des gonzesses qui se battent à poil et des histoires de trafics louches mais alors très louches?

17 juillet 2006
par Cuneyt Arkin


Femmes au bord de la crise de guerre

Tout pareil que les autres: un film d'exploitation de haute volée, qui - tout en se réappropriant certains codes inhérents du genre - va mettre un cachet bien personnel en réadaptant l'histoire aux folles années post-68'. Ca swingue des uppercuts, ça groove dans les bas-fonds et les filles n'ont pas froid aux oreilles (ni ailleurs).

03 décembre 2007
par Bastian Meiresonne


Exploit' à mort !

Sexe et violence filmés comme d'habitude au Japon avec une grande inventivité formelle. On pourrait même dire une certaine classe devant la beauté du cadre, des éclairages et de la photo. Une folie de tous les instants, portée aussi par la musique très variée et inspirée (et pas du tout "japonais traditionnel" ! ). Vraiment un sommet du film de genre. Le combat final porte à croire que Tarantino est fan. Premier Teruo Ishii et pas déçu du voyage !

23 février 2006
par 2501


Retour gagnant

Suite directe du Sex and Fury de Norifumi Suzuki, Female Yakuza Tale narre les nouvelles aventures de la belle Inoshika Ocho. Plus qu'une simple itération dans la série, ce nouvel opus marque le passage du témoin à Teruo Ishii, le réalisateur extravagant de la Toei. Le film constitue un bel exemple de la liberté créative qu'autorisait alors le studio au plus fort de la vague psychédélique pinky violence. En effet hormis le contexte historique et une tendance certaine à l'inflation érotique, ces deux opus témoignent de deux approches bien distinctes d'un même matériau de base. Là où Suzuki offrait une relecture distanciée et irrévérencieuse du genre, Teruo Ishii offre une variation moins froide et théorique en la détournant selon ses canons personnels. Bien que situé au début du XXème siècle, Ishii débarrasse son script des éléments inhérents au genre du ninkyou eiga à savoir héroïne romantique et ancrage profond dans les traditions du milieu yakuza et ses immuables cérémonies et rituels. On retrouve là la touche toute personnelle du réalisateur qui offre une relecture beaucoup plus moderne du récit se rapprochant à s'y méprendre de ses nombreux polars noirs contemporains des années soixante. En effet, la trame, ses situations, ses personnages sont de purs décalques tirés de ses anciennes réalisations agrémentés des inévitables excès érotiques et violents typiques de l'ère de fin de règne du studio. Contrairement à Sex and Fury et son script ambitieux traité par dessus la jambe, Ishii offre un canevas simple et linéaire qui va à l'essentiel. Bien rythmé et sans gros déséquilibre narratif, pourvu des personnages caricaturaux mais mémorables, Ishii confirme son statut de solide artisan capable de transcender un matériau ouvertement opportuniste et commercial . En fait de ninkyou eiga, Female Yakuza Tale diverge vite le film de détective typé 60's tels ses opus de la série Chitai avec qui l'œuvre en question entretient de troublantes similitudes. Au niveau des lieux tout d'abord, l'héroïne se retrouve baladée dans un Tokyo populaire avec ses ruelles étroites et encombrées, sa population pauvre, braillarde et extravertie. On retrouve également ces ambiances d'arrières cours, d'entrepôts et de zones portuaires chères au réalisateur ainsi que les typiques figures de prostituées et petites frappes fortes en gueule. Au niveau de la réalisation ensuite, les caméras posées de Suzuki font place à d'efficaces caméra portées à l'épaule qui restituent bien la promiscuité et l'agitation de l'environnement urbain. La caméra se perd dans les ruelles labyrinthiques en offrant un rythme alerte et ludique. Ishii recours aussi à de convaincants jeux d'appareil-voyeur pour illustrer l'ambiance de manigances et de secrets qui se trame. Caméras cachées derrière des fenêtres entrouvertes offrant ainsi des angles distordus lorsque les personnages s'épient ou se filent. Utilisation de la caméra subjective lorsque Ocho s'attarde dans un bordel en regardant dans le détail les ébats des clients, une méthode efficace pour introduire les scènes érotiques sans rupture de style. La photographie rehausse un beau et vibrant patchwork de couleurs électriques et témoigne d'une attention quasi-maladive portée à l'esthétisme des décors et vêtements, véritable trademark du genre. Moins maniéré et porté sur l'expérimentation visuelle que Suzuki, Ishii ne se prive pourtant pas d'accentuer la tendance avec des plans graphiques purement gratuits jouant avec les reflets, l'éclairage et les teintes du décors. On remarquera aussi quelques travellings bien exécutés et cadrages soignés qui font mentir sa réputée réalisation brouillonne . Le script somme toute banal séduit par son extravagante et ses parti pris assumés. S'il s'agit d'un énième histoire de trafiquants de drogues, Ishii en profite pour introduire une dimension érotique omniprésente. En effet, les trafiquants de drogues recrutent des femmes qui prêtent leur entre-jambes afin de dissimuler la précieuse marchandise ! En découlent des situations hénaurmes pas toujours très finaude mais indéniablement drolatiques. Dans une veine moins sensuelle que Suzuki, Ishii reste assez éloigné de ses perverses tortures dont il s'est fait le chantre avec sa série Tokugawa quelques années plus tôt même s'il ne rechigne pas devant quelques ligotages bien exécutés ou des allusions coquines (les godemichés disproportionnés qui traînent dans le repaire des passeurs de trafiquants de drogue, ou encore ce long majeur d'un bandit qu'Ocho renonce à trancher sous la pression de son épouse suppliante...). La dimension humoristique bien présente et le traitement ironique du récit insufflent une revigorante fraîcheur irrévérencieuse à l'ensemble sans pour autant dérégler l'ensemble. S'ajoute à cela un large casting féminin mené par une Reiko Ike au délicieux accent lascif, une simili Sasori déguisé en nonne, un détective et des malfrats lubriques formant une microcosme aussi inattendu qu'irrésistible. Ishii se repose avant tout sur un canevas ludique bien troussé qui compense en partie l'absence de dramaturgie et d'enjeu. Les inévitables scènes labellisées 'cultes' sont ici mémorables et bien intégrées au scénario. La scène d'introduction, par exemple, qui fait écho au combat nu du précédent opus ainsi qu'à l'ouverture de son Blind Woman Curse, on retrouve là une force graphique pleine de panache où Ocho se bat avec sabre et ombrelle sous la pluie et ses filtres psychédéliques pour finir par se retrouver nue sans pour autant stopper la joute. Autre scène mémorable rappelant certains moments d'Orgies of Edo ou Horror of a Malformed man, une étrange disgression surréaliste dans un asile-fantôme perdu dans le brouillard où une patiente infortunée se fait torturer à l'électricité. Ses tortionnaires dérangés et engoncés dans de curieux accoutrements clownesques exécutent de théâtrales danses mécaniques en couvrant les cris de la suppliciée par un phonographe et sa comptine mélancolique offrant un beau contraste du rapport son/image. Enfin l'inévitable affrontement final qui vient rappeler in extremis l'ancrage du film dans le genre du ninkyou, Ocho et sa bande de femmes énervées prenant l'assaut du repère des malfrats, une étrange back-room surréaliste enveloppée par l'obscurité et des paravents pourpres avec en son centre un curieux jacuzzi verdâtre où flottent des cadavres en plastiques. Inspiration évidente du combat du pavillon bleu de Kill Bil Vol.1, un Ishii jubilé se répand dans les poses cultes et bravades. Après les présentations de mise, Ocho et sa bande s'en vont nues pourfendre l'ennemi dans une mémorable et brouillonne mêlée générale. Enfin, et au risque de se répéter, le score de Sou Tsuguki constitue une des plus belles réussites du genre. A l'instar des blaxploitations, les bande sons pinky violence (ainsi que leurs homologues made in Nikkatsu) sont l'écho représentatif d'une bouillonnante et talentueuse scène groove japonaise 70's encore trop méconnue en Occident. Beaucoup plus présent que dans Sex and Fury, le brassage classieux et expérimental de sonorités hétéroclites tire constamment le film vers le haut : groove jazzy entêtant appuyant l'action, sonorités suspendues accentuant les moments de suspense lors des traques dans la ville et aussi nappes mélancoliques plus classiques dans les moments dramatiques. Curieuse manie aussi de faire à tout prix chanter le thème principal par l'actrice, même si celle ci n'est ici manifestement pas douée pour l'exercice. Recyclage 70's de ses polars d'antan, Teruo Ishii ajoute encore une variation à son arc après le ninkyou classique Gendai ninkyoushi et le surprenant ninkyou matiné de fantastique Blind Woman Curse. Rythme alerte, réalisation solide et inspirée, l'ironie palpable compense un script efficace mais sans implication. Au final et par leur large spectre de variations, les aventures méconnues d'Inoshika Ocho sous la houlette de Suzuki et Ishii représentent par leurs qualités et défauts l'essence même d'un certain cinéma populaire et irrévérencieux perdu à jamais. Retrouvez les critiques illustrées du dyptique Sex and Fury/Female Yakuza Tale sur EIGA GOGO!

11 octobre 2005
par -


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